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A la découverte du Saint Sépulcre… un tombeau vide!

Ab Paul, Jérusalem, le mercredi 16 février 2022

Si vous alliez à Jérusalem, en quel lieu vous rendriez-vous en premier ? Spontanément ? Pour ma part, une fois les remparts de la vieille ville franchis, mes pas m’ont conduit directement au Saint-Sépulcre, après m’être un peu perdu dans les ruelles il faut l’avouer…

Pourquoi ici ? S’il existe un lieu étrange dans le monde, c’est bien celui-ci! Des millions de pèlerins depuis 2000 ans se rendent dans un lieu où il n’y a rien à voir! Le tombeau est ֵen effet… vide!

Réécoutons ces quelques versets bibliques qui nous en témoignent, c’est toujours rafraîchissant pour la foi et donc bon pour le moral :

Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.

Jean 20, 11-12

Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Luc 24, 12

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.

Matthieu 28, 5-6

Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.

Actes des Apôtres 2,32

Des travaux important de consolidation du Sépulcre ont eu lieu en 2016-2017, vous pourrez en découvrir quelques images dans les vidéos en fin d’article. Ils ont donné l’occasion aux moines des différentes confessions chrétiennes veillant sur les lieux de voir pour la première fois de leur yeux le banc mortuaire où avait été déposé le corps du crucifié. Ce banc était et est toujours recouvert par une pierre plusieurs fois centenaires qui accueille les gestes de dévotion des pèlerins. Ces moines ont vécu un évènement bouleversant, selon leur témoignage. Bien mystérieux ce sépulcre!

En tant que chrétien, se rendre en terre sainte est une manière de parcourir les lieux où Jésus-Christ a marché, là où il a prié, là où il est mort, là où le tombeau fut trouvé vide! Bref, c’est « là ».

Et après ? Et bien je retourne à ma vie quotidienne! Mais il y a désormais au fond de ma mémoire une pierre de plus à l’édifice de ma foi. Une pierre qui me renvoie à un évènement: la résurrection du Christ.

Un bouleversement du temps et de l’espace

Cet évènement ne se laisse pas enfermer dans mes concepts. Il me déplace nécessairement un peu, il m’ouvre à d’autres dimensions; le Christ a en effet bouleversé le temps et l’espace.

Je m’explique: Jésus Christ est à la fois homme et à la fois Dieu; pour reprendre la très belle et sobre formule du pape Léon le Grand : « C’est un seul et même être, il faut le dire souvent, vraiment Fils de Dieu et vraiment fils d’homme » (on peut traduire aussi « Fils de Dieu véritable et fils d’homme véritable »).

J’en tire les conclusions sur le rapport au temps : Jésus-Christ, en tant que personne divine d’une part, est éternel. En tant qu’homme, d’autre part, il a eu un début dans le ventre de Marie. Il aurait eu une fin s’il était mort sans ressusciter. Étant ressuscité, en tant qu’homme, il n’aura, en réalité, pas de fin. Vous me suivez?

En ce qui concerne le bouleversement de l’espace, je vous laisse imaginer l’effet que cela a dû faire aux apôtres de voir Jésus-Christ leur apparaître en chair et en os dans la pièce où ils s’étaient enfermés par peur des autorités juives de Jérusalem! La porte verrouillée à double tour… Le corps ressuscité du Christ, comme le nôtre lorsque nous ressusciterons à la fin des temps, n’est pas contraint par la matière. (Les philosophes parmi vous pourront approfondir la manière dont saint Thomas d’Aquin envisage la chose en feuilletant cet article d’Etienne Vetö : « Le corps humain à la lumière du corps du Christ ressuscité chez Thomas d’Aquin » (cliquer sur le titre de l’article pour le lire).)

Bref, voir et toucher le tombeau vide me renvoi à la résurrection du Christ et donc à ma propre résurrection. En bouleversant ainsi le temps et l’espace, Jésus-Christ m’ouvre un horizon, car moi aussi je suis destiné à avoir une vie qui n’a pas de fin! Moi aussi je suis appelé à ressusciter. La mort ne sera qu’un passage vers la vie.

Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.

2 Corinthiens 4,14

« Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?« 

Sachant que la résurrection, et donc la vie éternelle, est possible, je pourrais poser la même question qu’une personne posa à Jésus dans l’Evangile selon saint Matthieu: « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » (cf. Mt 19,16)

Il me reste en effet à accueillir un jour après l’autre l’amour de Jésus dans ma vie et mettre en pratique son commandement :

Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Jn 13,34-35

Conclusion

Venir au Saint-Sépulcre est ainsi d’abord une expérience concrète impliquant les sens: le toucher (on peut poser la main sur le rocher du calvaire ou sur la pierre du tombeau de Jésus), l’odorat (les parfums d’encens, les odeurs de bougie, l’atmosphère d’un lieu clôt fréquenté), la vue (une multitude d’espaces différents plus ou moins lumineux, une diversité de religieux ou de pèlerins), ou encore l’ouïe (les chants, le bruit des visiteurs, les sons ambiants). C’est ensuite une question que Jésus-Christ me pose : veux-tu vivre vraiment comme quelqu’un qui est fait pour la vie éternelle? Veux-tu vivre comme quelqu’un qui croit vraiment que Je suis ressuscité et donc qui sait que ce que j’ai dit est vrai?

Je conclurai cet article avec un extrait de l’article que l’évangéliste saint Marc aurait rédigé s’il avait eu un blog à l’époque… :

Levant les yeux, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande.
En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »
Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.

Marc 16, 4-11

Vidéos pour découvrir les lieux et leur histoire

Une introduction à l’histoire du Saint-Sépulcre
par Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef à Terre-Sainte Magazine.
Suite de l’interview de Marie-Armelle Beaulieu.
Sur l’ouverture du tombeau lors des travaux en 2016-2017.
L’histoire du Saint-Sépulcre en 3D
produit par l’ONG de la Custodie de Terre Sainte ATS Pro Terra Sancta
Reportage avec les explications de Franciscains de la Custodie de Terre Sainte.

Plan des lieux

Cette cartographie réalisée par Nicolas de Fer et publiée en 1715 est assez précise et montre bien que le site actuel n’a pas bougé depuis lors.

Source : BNF https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84954185/f1.item.zoom#
En cliquant sur les image il est possible de zoomer un peu plus.

Carte de Nicolas de Fer 1715

Pour mieux imaginer ce à quoi cela pouvait ressembler

Il y a, à Jérusalem ouest, en face de l’Institut Biblique Pontifical, un jardin dans une ancienne carrière de pierre, avec un tombeau, et pour fermer le tombeau, une pierre ronde

Ce jardin est facilement accessible et peut donner une idée du processus qui s’est passé pour le tombeau du Christ : un lieu est utilisé comme carrière de pierre. Une fois que la carrière ne sert plus, la nature regagnant vite le terrain, elle devient un jardin. Par ailleurs, il est possible d’utiliser ce lieu pour y creuser des tombeaux. La pierre ronde est maintenue verticalement par une arcade de pierre côté extérieur. Elle peut être roulée à l’aide d’un levier que l’on coince entre la pierre et la paroi.

Voici quelques photos :

Être chrétien dans un monde païen

Comment vivre dans un monde post-chrétien, dans un monde redevenu païen?

Un article de mai 2020 à lire!

Je vous recommande cet article de mai 2020, de Chantal Delsol, philosophe politique et historienne des idées politique. J’ai trouvé ses éclairages lumineux lorsque j’ai dû traiter en 2016 de la thématique du totalitarisme au XXe et XXIe s. en regard avec Hannah Arendt. Dans l’article suggéré, elle brosse le portrait du gué dans lequel les chrétiens se trouvent aujourd’hui. Elle éclaire cette situation par l’exemple quasi inverse du passage d’un monde païen à un monde chrétien au IVème siècle. Elle souligne combien le fait d’être minoritaire implique de nouvelles exigences. Elle invite à ne pas tant craindre le nihilisme-relativisme qui reste limité qu’à affronter les défis que représente le paganisme.

Cette situation nous impose de nouvelles exigences.
Et c’est faute de la comprendre que nous sommes si mal à l’aise.

Chantal Delsol

Ab Paul, le 20 mai 2021

Un livre d’octobre 2021 à lire!

https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19337/la-fin-de-la-chretiente

Ce que Mme Delsol dit du lien entre Transcendance et Morale est fondamental dans le Christianisme. Elle cite Moïse qui, le premier, lie religion et morale; là où, pour les sociétés païenne, le politique s’occupe d’indiquer la norme morale et les prêtres s’occupent du sacré, de la religion. J’étudie en ce premier semestre 2021-2022 la lettre de saint Paul aux Colossiens. La thèse principale de cette lettre est qu’il existe un lien entre la contemplation de Jésus-Christ et l’agir moral chrétien, entre christologie (« discours sur le Christ » = une des science de la théologie) et morale.

Ab Paul, le 12 novembre 2021

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